Chris Marker Notes from the Era of Imperfect Memory

Sophie Kovel Translates Marker + Esprit Publishes Les engagements de Chris Marker

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Chris Marker studio library atelier
Chris Marker, encyclopedist…

The article translated by Sophie Kovel is really more of a condensed thought-association that starts with the publication of a willfully obscure volume of a kind of anti-encyclopedia, and goes on to play with some of the words contained therein, such as “hectoplasm”, “et cetera” and “exaggeration.” Marker is at his dry, wittiest self here. The piece, published under the rubric “Science and Life” (though it really doesn’t have a title itself), is signed just C.M., as was his modus operandi back then (late ’40s, early ’50s).

But it’s clearly in his ironic style, which merges erudition and a parody of erudition. As such, it’s pretty contemporary, despite its 1948 publication date in Esprit. It’s a bit like looking into his mind and its very active synapses. I enjoy also that it could be filed under “Borges’ Precursors.”

So here you go: Science and Life by Chris Marker. Many thanks to Sophie Kovel!

For another translation by Sophie from the Esprit archives, take a look at Cross My Heart by Chris Marker, a (partial) translation of “Croix de bois et chemin de fer,” Esprit, (Jan. 1951). She also translated “It was a Strange Thing“, Marker’s fond reflection on how the Pathéorama sparked his early interest in the moving image. You will not want to miss the punchline of that vital reminiscence.

Esprit 2018 – Les engagements de Chris Marker

Meanwhile, the journal Esprit has continued and maintained its relevance, along with its dedication to Marker. In May of 2018, it published a special edition entitled Les engagements de Chris Marker. Esprit 2018/5 (Mai). Here is a table of contents:

Les engagements de Chris Marker -- Esprit May 2018
Esprit 2018/5 (Mai) – Les engagements de Chris Marker

Les engagements de Chris Marker
Introduction
Anne-Lorraine Bujon et Carole Desbarats

Génération Marker
François Crémieux

La guerre a bien eu lieu. De Giraudoux à Marker
Olivier Mongin

Croix de bois et chemin de fer
Chris Marker

Instants magiques
Jean François Dars et Anne Papillault

Le cinéaste-caméléon et la mémoire palimpseste
Natalie Bittinger

Le Meccano imaginaire de Chris Marker
Carole Desbarats

Carole Desbarats’ article has also been translated into English by Mike Routledge as “Imaginary Meccano: Chris Marker’s playful aesthetics,” and made available as a PDF download on www.cairn-int.info (Cairn is the online partner company of Esprit now).

Esprit on Chris Marker

There is also a nice piece on the Esprit site summarizing Marker’s connection to and publications in the journal. It’s called “Chris Marker, cinéaste-chroniqueur.”

Entre 1946 et 1952, soit entre ses 25 et 31 ans, Chris Marker écrivit soixante-dix articles dans la revue Esprit. Il fut un témoin engagé de son temps, signant en guise de premier texte une réflexion poétique sur le Paris de l’après-guerre (« Les vivants et les morts », mai 1946), commentant avec ironie et clairvoyance une étude sur la sexualité des hommes américains (« Le mâle comportement de l’américain sexuel », août 1948).

L’humour était son principal moyen d’aborder les problèmes du monde. Son style était vif et caustique, très serré, qu’il s’agisse de raconter une simple blague en format court (« Importé d’Amérique », février 1947) ou de mêler les grandes figures politiques de l’époque dans des fictions politiques délirantes et néanmoins très justes (« Actualités imaginaires », I et II, avril et juillet 1947, « Le Tito entre les dents », août 1948).

Esprit, “Chris Marker, cinéaste-chroniqueur”

Finally, here is the Introduction to the volume, which sheds even more light on Marker & Esprit, his early interests, and above all his contemporary relevance.  (I also found, for those who want to dig deeper into the history of the journal, a short e-book, Esprit: Une revue dans l’histoire, 1932-2002).

Les engagements de Chris Marker – Introduction

La Cinémathèque française consacre, ce mois de mai  2018, une grande rétrospective à Chris Marker. Celle-ci donnera lieu sûrement, en plus du catalogue de l’exposition publié par Actes Sud[1], à une floraison d’articles et de livres, tant l’œuvre de Chris Marker est aujourd’hui célébrée par les cinéphiles à travers le monde. Pour Esprit, c’est l’occasion de revenir sur certains aspects de l’œuvre de ce grand artiste dont on peine à dire qu’il ne serait qu’un cinéaste : ce serait faire fi de ses photos, de ses installations, de ses dessins… et de ses textes, depuis son roman le Cœur net, paru en 1949, jusqu’à sa collection « Petite planète », ses traductions, et la centaine d’articles écrits dans notre revue et quelques autres.

Car Marker a été un collaborateur régulier d’Esprit pendant une décennie, entre 1946 et 1955 : il nous a donné des textes mordants, précis, drôles, érudits et engagés sur des sujets aussi divers que la poésie, le jazz ou le dessin animé, la Jeanne d’Arc de Dreyer, une réunion de patrons chrétiens, ou encore le salon du chat. Autant de textes disponibles aujourd’hui dans nos archives, dont nous proposons une sélection sur notre site ce mois-ci en complément de ce dossier.

Nous avons donc voulu, plutôt que de rajouter à la glose considérable qui entoure le travail de Chris Marker, revenir sur ce que la fréquentation de ses œuvres peut nous apporter, depuis nos préoccupations d’aujourd’hui : relire son texte « Croix de bois et chemin de fer » nous interroge alors qu’il y a un mois Mireille Knoll, âgée de 85 ans, a été assassinée à Paris parce qu’elle était juive. Marker, lui, se met en scène, en janvier 1951, tentant d’expliquer à un contrôleur de train allemand que « c’est justement en n’oubliant rien, en nous souvenant ensemble des camps de concentration, que nous arriverons peut-être à travailler ensemble dans un monde sans camps de concentration ».

« Ensemble », le mot est à considérer. Il permet d’appréhender certains des engagements de Marker qui, c’est frappant, ne séparait le politique ni de l’esthétique ni de la morale. Pour autant, rien qui pèse ou qui pose : François Crémieux qui l’a côtoyé affirme que Marker était un homme heureux, rejoignant en cela Jean-François Dars et Anne Papillault, qui le décrivent comme « joueur ». Cela, nous le retrouvons dans l’humour et la fantaisie qui marquent certaines de ses œuvres, sans toutefois le renvoyer à un brio narcissique.

« Ensemble », c’est bien ce qui, plus gravement, aura marqué cette génération Marker forgée par la guerre, ce qu’évoque ici celui qui aura été filmé en jeune Casque bleu engagé, François Crémieux : une génération qui, au sortir de la résistance au nazisme, à vingt ans, s’est construite dans les luttes de libération, de décolonisation, dans un geste ample qui ne se contente pas du « périmètre national ». Une génération qui a pu avoir ses moments d’aveuglement idéologique, dont Marker ne se cachait pas, lui qui a demandé que l’on cesse de visionner certains de ses films, mais qui faisait de la lucidité et de l’intelligence du monde une forme de responsabilité à laquelle il n’est pas question de se dérober.

J’accepte les Conditions générales d’utilisation et notre politique de confidentialité des données Olivier Mongin, partant de l’intérêt de Marker pour Giraudoux et sa génération, met en avant comment l’après-guerre, ce temps de la réconciliation franco-allemande mais aussi de guerre froide intellectuelle, est simultanément le moment d’une pluralité des « révolutions artistiques ». Il montre comment il existe alors à Esprit « un chantier portant sur les modes d’expression artistiques qui force l’admiration, et auquel Marker participe activement […] il y aura appris, par-delà les philosophies de l’histoire, à lier la question de la réalité à celle de la temporalité ». À lire cette réflexion sur « La guerre aura bien eu lieu », on en vient à se dire qu’en effet, comme l’a vécu Marker et comme le rappelle Olivier Mongin : « Avoir des certitudes ne suffit pas, il faut pouvoir y croire à plusieurs. »

Croire à la réalité de la guerre, sans se laisser écraser par sa noirceur, comment ne pas y penser aujourd’hui, au moment où la Syrie nous rappelle tragiquement l’intrication des conflits passés et présents ? Croire à plusieurs n’implique pourtant pas de croire à une seule vérité, de vouloir tout unifier dans un grand récit totalisant. Il s’agit plutôt de faire l’expérience d’une série d’instants présents, jamais dans l’emphase, mais dans une attention au plus incandescent du réel, comme le suggèrent Jean-François Dars et Anne Papillault dans leur choix de photos reproduites ici, ou Nathalie Bittinger lorsqu’elle analyse cette mémoire plurielle du monde qui a hanté Marker, « lézardée, portée par une subjectivité mouvante qui se pare de différents masques pour transcrire les métamorphoses incessantes des images-mémoire ».

Car Chris Marker se saisit de tous les matériaux, sans hiérarchie a priori, et toujours dans cette démarche à la fois politique, personnelle et artistique, il bricole son « Meccano imaginaire », qu’il soit filmé, écrit, photographié, dessiné… Une inspiration pour qui veut animer une revue aujourd’hui, au croisement des perspectives et des curiosités, dans un esprit de sérieux mais sans se prendre trop au sérieux. Cette liberté, Marker ne la revendique même pas, mais il l’aura pratiquée pendant toute sa vie, avec l’irrévérence frondeuse qui accompagne parfois les engagements de certains artistes, rappelant parfois l’implication dans le jeu que peuvent avoir les enfants, et que « Chris » aura su conserver pour mieux nous les transmettre.

[1] -  Sous la direction de Raymond Bellour, Jean-Michel Frodon et Christine Van Assche.

Copyright © 2018 Esprit. Source: esprit.presse.fr/…
Esprit 2018 Les Engagements de Chris Marker
Esprit May 2018 – Les engagements de Chris Marker

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