Lettre de Sibérie: Filmnotes @ PFA

Letter from Siberia (Lettre de Sibérie)

Chris Marker’s ethnographic essay-documentary on Siberia, made in 1957, remains fresh and relevant today. Combining fantasy animation (of woolly mammoths and mammoth buildings) and documentary photography shot by Sacha Vierny, Marker displays above all his amazement at the diversity of Siberia, at once almost pre-historic and post-revolutionary. On the film’s revival at the 1982 New York Film Festival, Village Voice critic Carrie Rickey called it “compassionately detached, playful and eclectic…. What still thrills about Letter from Siberia 25 years after it was made is Marker’s sympathetic ethnography, so much against the grain of the partisan American documentaries of the ’50s where the omniscient voice told you how to read each image.” In one hilarious segment, Marker does include that voice – repeating a scene with a Capitalist-propaganda voice-over and then with a Soviet one.

Directed and Written by Chris Marker. Photographed by Sacha Vierny. Music by Pierre Barbaud. Edited by Anne Sarraute. (1957, 60 mins, In French with English titles, 35mm, color, Print from New Yorker Films)

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A propos: On the website www.ac-nancy-metz.fr, there is a useful structural breakdown, for pedagogical purposes, of the famous montage-commentary sensorium phase shifting contained in Lettre de Sibérie. The image sequence reproduced above is lifted (with gratitude, bien sûr) from that site. The site also presents the three voiceover narration bits that “interpret” this sequence of images in three radically different manners (for these texts, see comments). Here’s what film students are ostensibly supposed to learn:

Objectifs:

  • établir une relation entre les différents éléments d’un message audio-visuel
  • mettre en évidence le poids des mots par rapport aux images
  • introduire la notion de point de vue

2 thoughts on “Lettre de Sibérie: Filmnotes @ PFA

  1. blindlibrarian says:

    Par example:

    Iakoust, capitale de la République socialiste soviétique de Yakoutie, est une ville moderne, où les confortables autobus mis à la disposition de la population croisent sans cesse les puissantes Zym, triomphe de l’automobile soviétique. Dans la joyeuse émulation du travail socialiste, les heureux ouvriers soviétiques, parmi lesquels nous voyons passer un pittoresque représentant des contrées boréales, s’appliquent à faire de la Yakoutie un pays où il fait bon vivre!

    Ou bien:

    Iakoust, à la sinistre réputation, est une ville sombre, où tandis que la population s’entasse péniblement dans des autobus rouge sang, les puissants du régime affichent insolemment le luxe de leurs Zym, d’ailleurs coûteuses et inconfortables. Dans la posture des esclaves, les malheureux ouvriers soviétiques, parmi lesquels nous voyons passer un inquiétant asiate, s’appliquent à un travail bien symbolique : le nivellement par le bas!

    Ou simplement:

    A Iakoust, où les maisons modernes gagnent petit à petit sur les vieux quartiers sombres, un autobus moins bondé que ceux de Paris aux heures d’affluence, croise une Zim, excellente voiture que sa rareté réserve aux services publics. Avec courage et tenacité, et dans des conditions très dures, les ouvriers soviétiques, parmi lesquels nous voyons passer un Yakoute affligé de strabisme, s’appliquent à embellir leur ville, qui en a bien besoin…

    – Chris Marker, Commentaires 1, Paris: Ed. du Seuil, 1961, 57.

  2. blindlibrarian says:

    Marker continues:

    Mais l’objectivité non plus n’est pas juste. Elle ne déforme pas la réalité sibérienne, mais elle l’arrête, le temps d’un jugement, et par là elle la déforme quand même. Ce qui compte c’est l’élan, et la diversité.

    – Commentaires 1, 58

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