Petite Planète

Petite Planète Poster Chris Marker

La collection «Petite Planète» (Seuil) – «Sous la direction de» Chris Marker, 1954-1964, par Nicolas Geneix.

Published at www.fabula.org/atelier…

Nicolas Geneix

Remarques sur les notes: elles s’efforcent de montrer quelques-uns des liens d’amitié, et non seulement ce que l’on pourrait nommer réseaux, qui pouvaient exister entre les auteurs multiples de la collection (des éditions du Seuil aux autres collections «Microcosme», en passant par la revue Esprit). Armand Gatti, un soir de janvier 2008 à Issoudun, a parlé de la «générosité» de Marker, capable de susciter des créations à plusieurs mains, ni fragiles, ni coupées, pour paraphraser Le Fond de l’air est rouge, mais réunies dans une commune réalisation.

«Nous habitons une planète qui nous paraît de plus en plus petite. Tout nous invite à la mieux connaître. La collection Petite Planète nous donne, avec une illustration abondante et toutes les références pratiques indispensables, l’essentiel des connaissances actuelles sur un pays». Telle est la présentation publicitaire, fort sage en regard des audaces et fantaisies de la collection, que l’on peut lire en 1959. Plus développée que la formule de 1957, «Le monde pour tout le monde: l’essentiel des connaissances actuelles sur un pays et tout ce qu’on ne trouve pas dans les guides», elle souligne la part importante des images dans ces ouvrages, sans en laisser deviner l’originalité (montage dans la page, maquette générale du livre).

La récente exposition du Centre Pompidou, «Planète Marker», en hommage au voyageur, photographe, cinéaste, essayiste (…) qui dirigeait la collection, aura permis de voir affichées plusieurs doubles pages extraites des volumes Grèce, Allemagne, Chine ou Belgique. D’autre part, l’affiche réalisée par Jason Simon[1] en 2006 et rassemblant les 32 premiers volumes de «Petite Planète» rendait également visibles les couvertures, célèbres pour leur portrait féminin, œuvre d’art ou cliché contemporain. Du moins, certaines d’entre elles, car une réédition, même proche dans le temps, pouvait voir la photo changer, qu’elle soit ou non signée Chris Marker. Ainsi, pour le volume Japon, c’est le visage de Kumiko Muraoka qui apparaît, jeune femme rencontrée par Marker après 1959 et qui sera au centre du Mystère Koumiko (1965).

Lorsque William Klein, dans les années 1950, vient demander l’aide de Chris Marker pour publier son premier livre sur New-York, il entre, au 27, rue Jacob, dans un «bureau incroyable»[2], celui d’un «type [qui] avait un pistolet à laser dans sa ceinture» tandis que «des vaisseaux spatiaux traversaient la pièce». De telles anecdotes se retrouvent dans les témoignages d’Alain Resnais, Agnès Varda ou Jean Lacouture[3]. Resnais, justement, lorsqu’il réalise Toute la mémoire du monde (1956) sur la bibliothèque Nationale, avec «Chris and Magic Marker» discrètement crédité en bas de générique, suit l’itinéraire d’un volume Mars, numéro 25 d’une collection, «Petite Planète», qui n’en est qu’à ses débuts. Entre sa passion pour la science-fiction et son état d’esprit au-delà des frontières, Marker signe fortement son intention de lier lettres et cinéma au cœur des ses réalisations. A la fin de sa vie, sur Second Life, les couvertures des ouvrages ressurgissent (au son épico-ironique de la 20th Century Fox) comme «une autre vie», qui pourtant fut fondamentale.

On a souvent insisté, de Raymond Bellour à Hervé Serry en passant par Guy Gauthier, sur l’originalité de la mise en pages de ces plus-que-guides touristiques, dont le texte relève à chaque fois d’un travail de spécialiste et/ou d’écrivain. La version anglaise (Vista Travel), qui renonce pour des raisons aisées à deviner aux monographies Chine et URSS, le souligne sur ses quatrièmes de couverture:

«The plan of each volume varies; some place an emphasis on history, others on art or politics, but all include practical travel information as well and ingeniously incorporate over a hundred brilliantly chosen photographs. These books are also admirable for those whose aim is not travel but basic information.»

Avant les «Petite Planète», Marker avait publié aux éditions du Seuil un roman (Le Coeur net, 1949) et des anthologies socio-culturelles dans le sillon des travaux coordonnés par l’UNESCO. Seconde collection «Microcosme» après les «Ecrivains de toujours» d’Albert Béguin[4], cette série se distingue par une liberté de ton singulière qui a peu à voir avec un opuscule purement promotionnel. Il s’agit, selon un «argumentaire très certainement rédigé par Marker»[5], de proposer «l’équivalent, plutôt, de la conversation que vous aimeriez avoir avec un homme intelligent et connaissant bien le pays qui vous intéresse». A certains égards, les livres semblent dirigés comme un producteur éclairé deviendrait pour partie le «director» d’un film: les pages de montages photographiques «Un lundi à Pékin», dans le volume Chine, font clairement écho à l’un des premiers films réalisés par Chris Marker. Son goût pour la bande dessinée, et le comics américain[6] par exemple, l’amène à confronter des imag(inair)es avec l’humour et l’intelligence qu’on retrouve dans ses Commentaires, version livre de ses films, autre manière de mont(r)er, décidément, le texte et la photo au sens large. Comme plus tard au début du Dépays (1982), Marker, qui travaille et pense les photos autant que les mots, tient à dépasser l’idée qu’une image ne fait qu’accompagner un texte:

«Le texte ne commente pas plus les images que les images n’illustrent le texte. Ce sont deux séries de séquences à qui il arrive bien évidemment de se croiser et de se faire signe, mais qu’il serait inutilement fatigant d’essayer de confronter. Qu’on veuille donc bien les prendre dans le désordre, la simplicité et le dédoublement, comme il convient de prendre toute chose au Japon.»[7]

De même, il s’agit de contrecarrer un esprit de sérieux qui inciterait à ne montrer du pays considéré que des signes de culture jugés absolument nobles et sanctifiés par un idéal patrimonial et institutionnel. Dès le volume Autriche, une élégante en vison pose devant une Judith de Cranach; que l’on tourne la page, et c’est un masque de carnaval qui côtoie un danseur tyrolien. Le premier chapitre s’ouvre sur un titre allusif (Le Troisième homme) faisant face à la roue du Prater, lieu décisif du film de Carol Reed: il faut attendre trois pages pour voir confirmée l’intuition du lecteur attentif et sans doute amusé. Cependant, refuser les discours empesés ne signifie aucunement nier la gravité de l’Histoire, et notamment la plus récente: des questions de mémoire (guerres, massacres de masse, exils) croisent des intentions de reportage qui suggèrent que chaque livre est temporaire, comme «à compléter» prochainement. La liste des pays choisis ne saurait, en l’espèce, être anodine.

En un temps où les Cahiers du cinéma n’ont pas encore vu leurs plumes devenir les réalisateurs de ce que l’on nommera la «Nouvelle Vague» (Marker y compris), on est frappé par l’importance donnée aux images de cinéma dans les «Petite Planète», du Néo-réalisme italien au Danois Dreyer, d’Eisenstein au péplum. Plusieurs photogrammes proviennent des la célèbre revue jaune et, plus tard, le responsable de Positif Michel Ciment, en 2003, publiera une anthologie intitulée Petite planète cinématographique: 50 réalisateurs, 40 ans de cinéma, 30 pays au début de laquelle il regrettera de n’avoir pu inclure Marker. Comme au cinéma, si l’on peut dire, le maquettiste doit du reste composer avec les contraintes de la maison de production: ainsi tous les volumes compteront bien 192 pages, au format 18×11,5 comme pour «Ecrivains de toujours» d’abord et «Le Temps qui court» (1957-1976), “Maîtres spirituels” (1955-1998), “Solfèges” (1956-1983; 1994-1998), et “Le Rayon de la science” (1959-1969).

En ce qui concerne les couvertures-portraits, on peut être tenté d’en trouver l’origine chez Michaux, auteur du poème «La Jetée» dont le titre deviendra un court métrage célèbre en 1962, dans Passages:

«Un pays où les jeunes filles sont belles: bon pays. Pays où l’on a su vivre. L’espèce humaine y fut une réussite. Ce n’est pas rien.
Dans le visage d’une jeune fille est inscrite la civilisation où elle naquit (…)»[8]

Longtemps, ce seuil restera la marque de la collection, après même le départ de Marker remplacé par Simonne Lacouture notamment. Il est beau de penser qu’à la même époque, quasi, Lévinas écrit Totalité et infini… même s’il n’y a là, probablement, qu’une coïncidence. Ce qui marque l’esprit même des «Petite Planète» version Marker, c’est décidément un rapprochement des lointains, un désir d’aller à la rencontre tous, qui sont devenus voisins:

«Nous avons passé le cap du XIXe siècle. On ne s’évade plus si facilement d’un monde désormais conquis, et un nouveau tourisme apparaît, qui exorcise le pittoresque. Cet engouement du lecteur pour la connaissance du monde, ce n’est pas le signe qu’il s’est brusquement découvert pour les autres nations une curiosité longtemps sommeillante: c’est plutôt qu’il a compris que leur connaissance était une étape, une composante indispensable de la connaissance de soi-même. Ce n’est pas le Français qui a changé: c’est la géographie»[9]

Il semble possible de lire ici quelque écho à la philosophie «personnaliste» d’Emmanuel Mounier: lui aussi souligne la «communauté de destin»[10] qui est la nôtre, encore plus évidente au sortir des deux guerres mondiales et de l’expérience fasciste. Ce personnalisme «communautaire»[11], à distinguer des tentations individualistes, tend à «résorber toutes [l]es cassures»[12] du genre humain, classes sociales ou frontières traditionnelles. L’on vit bien, dans cette perspective, dans une petite planète que l’on se doit de mieux connaître. La touche Marker, ce sera notamment cet humour tragique parfois qui le fait parler d’Histoire passée et présente via le choc des images et la réflexion des mots.

Tel écrit, et tels illustrent, mais le maquettiste est bien là qui contribue à structurer le livre. Juliette Caputo, largement présente et de plus en plus au fil des livraisons, continuera dans cette voie qui fait «rimer» colonnes antiques et cheminées modernes (Iran), bras marqués de chiffres et arbres inscrits de signes (Israël), vase grec et visages kitsch d’Ulysse (Grèce). Il y a là, au-delà d’un goût pour l’éclectisme «marginal» que ne permettent pas les contraintes encylopédistes, du collage surréaliste, non moins qu’un effort de transposition du montage cinématographique eisensteinien, soit de nouveaux horizons pour le livre de voyage.

* * * *

Autriche (n° 1, 1954)[13]
«Réalisé sous la direction de Chris Marker, assisté de Marie-Jeanne Noirot. Carte de Brno Forlani. Travaux photographiques de Rocher Roche[14]»[15]
Texte de Claude Vausson

Suède (n° 2, 1954)
Texte de François-Régis Bastide[16], dessins de Monica

Italie (n° 3, 1954)
«Réalisé sous la direction de Chris Marker. Mise en pages de Juliette Caputo[17]. Carte de Remo Forlani. Travaux photographiques de Roger Roche»
Texte de Paul Lechat[18], calligrammes de Remo Forlani

Hollande (n° 4, 1954)
«Réalisé sous la direction de Chris Marker et Juliette Caputo»
Texte de Bernard Pingaud[19]

Irlande (n° 5, 1955)
«Réalisé sous la direction de Chris Marker. Mise en pages de Juliette Caputo. Carte de Françoise Chevalet»
Texte de Camille Bourniquel[20]

Grèce (n° 6, 1955)
Texte de Mimica Cranaki

Allemagne (n° 7, 1955)
«Réalisé sous la direction de Chris Marker. Mise en pages de Juliette Caputo. Carte de Ratisbonne[21] Forlani»
Texte de Joseph Rovan[22]

Tunisie (n° 8, 1955)
«Réalisé sous la direction de Juliette Caputo, assistée de Mathilde Rieussec. Carte de Nefta Forlani»
Texte de Michel Zéraffa

Suisse (n° 9, 1955)
«Réalisé sous la direction de Chris Marker. Mise en pages de Juliette Caputo. Carte de Lugano Forlani»
Texte de Dominique Fabre; gravure démontable de Jacques Noël

Espagne (n° 10, 1956)
«Réalisé sous la direction de Chris Marker. Mise en pages de Juliette Caputo. Carte de Jacques Noël. Dessins additionnels de Remo Forlano [sic]»
Texte de Dominique Aubier et Manuel Tuñon de Lara

Turquie (n° 11, 1956)
«Réalisé sous la direction de Chris Marker, assisté de Juliette Caputo pour la fabrication et de Roger Roche pour les travaux photographiques. Carte de Colette Forlani»
Texte d’André Falk[23]

Chine[24] (n° 12, 1956)
«Réalisé sous la direction de Chris Marker, et de Juliette Caputo. Les caractères chinois (poème et vocabulaire) ont été tracés par Zao-Wou-Ki»
Texte d’Armand Gatti[25]

Iran (n° 13, 1957)
«Réalisé sous la direction de Chris Marker. Mise en pages de Juliette Caputo. Travaux photographiques de Roger Roche. Carte de Monica»
Texte de Vincent Monteil[26]

Israël (n° 14, 1957)
«Réalisé sous la direction de Chris Marker. Mise en pages de Juliette Caputo. Travaux photographiques de Roger Roche. Le motif décoratif[27] est de Jean David»
Texte de David Catarivas

Danemark (n° 15, 1957)
«Réalisé sous la direction de Chris Marker et de Juliette Caputo. Travaux photographiques de Roger Roche. Carte de Monica»
Texte de Jean Bailhache[28]

Portugal (n° 16, 1957)
«Réalisé sous la direction de Chris Marker, assisté de Juliette Caputo. Carte de François Cloquet»
Texte de Franz Villier[29]

Tahiti (n° 17, 1957)
«Réalisé sous la direction de Chris Marker. Mises en pages de Juliette Caputo. Effets spéciaux[30]: Denise York. Travaux photographiques de Roger Roche. Carte de James Cook[31]»
Texte de Jean-Marie Loursin

Belgique (n° 18, 1958)
«Réalisé sous la direction de Chris Marker et de Juliette Caputo. Carte de Paul Jamotte, travaux photographiques de Roger Roche»
Texte de Thérèse Henrot

Inde (n° 19, 1958)
«Réalisé sous la direction de Juliette Caputo. Carte de Chantal Masnou»
Texte de Madeleine Biardeau

Brésil (n° 20, 1958)
«Réalisé sous la direction de Juliette Caputo. Travaux photographiques de Roger Roche. Carte de Paul Jamotte»
Texte de Pierre Joffroy[32]

Japon (n° 21, 1959)
«Réalisé sous la direction de Juliette Caputo, assistée de Dominique Lyon-Caen. Travaux photographiques de Roger Roche. Carte de Remo Forlani»
Texte de Yéfime[33]

Sahara (n° 22, 1959)
«Réalisé sous la direction de Juliette Caputo, assistée de Simone Cayet[34]. Travaux photographiques de Roger Roche»
Texte de François Vergnaud

URSS (n° 23, 1959)
«Réalisé sous la direction de Juliette Caputo. Conseillère linguistique, Anne Fournier. Cartographe, Nikita Forlanov. Travaux photographiques de Roger Roche»
Texte de Jean Marabini[35]

Grande-Bretagne (n° 24, 1960)
«Réalisé sous la direction de Juliette Caputo, assistée de Françoise Borin[36] pour l’iconographie[37]. Travaux photographiques de Roland Bardet[38]»
Texte de Jean Bailhache

Yougoslavie (n° 25[39], 1960)
«Réalisé sous la direction de Juliette Caputo. Travaux photographiques de Roland Bardet. Carte de Monica»
Texte de Jean-Marie Domenach[40] et Alain Pontault

Finlande (n° 26, 1960)
«Réalisé sous la direction de Juliette Caputo assistée de Dominique Lyon-Caen. Carte de Monica. Travaux photographiques Roland Bardet. Les motifs décoratifs de la page 1 et des débuts de chapitres sont de Rut Bryk»
Texte de Georges Desneiges

Norvège (n° 27, 1960)
«Réalisé sous la direction de Juliette Caputo. Travaux photographiques de Roland Bardet. Carte de Bosca»
Texte de Sylvain Pivot

Madagascar (n° 28, 1961)
«Réalisé sous la direction de Juliette Caputo. Travaux photographiques de Roland Bardet»
Texte de Solange Thierry[41]

Venezuela (n° 29, 1961)
«Réalisé sous la direction de Juliette Caputo. Mise en pages, Martine Rio. Travaux photographiques, Roland Bardet»
Texte de Jean Ulric

Egypte (n° 30, 1962)
«Réalisée sous la direction de Juliette Caputo, assistée de Dominique Lyon-Caen. Travaux photographiques: Roland Bardet et François Duffort»
Texte de Simonne Lacouture[42]

Maroc (n° 31, 1962)
«Réalisé sous la direction de Juliette Caputo. Travaux photographiques de Roland Bardet»
Texte de Vincent-Mansour[43] Monteil

Pologne (n° 32, 1963)
«Réalisé sous la direction de Juliette Caputo, assistée de Mathilde Rieussec. Carte de Russell Connor. Travaux photographiques de Roland Bardet et François Duffort»
Texte de Eva Fournier

Australie (n° 33, 1964)
«Réalisé par[44] Mathilde Rieussec. Carte Françoise Chevalet. Travaux photographiques Roland Bardet. Les dessins des pages 37, 81, 99 et 169 sont de G. Molnar»
Texte de Michaels Peter

Mexique (n° 34, 1964)
«Réalisé par Mathilde Rieussec. Carte Anne Ramonède. Travaux photographiques Roland Bardet et François Duffort»
Texte de Xavier Pommeret

Nicolas Geneix

Pages de l’Atelier associées: Collection, Edition, Bibliothèques, Texte et image, Photographie, Cinéma.

[1] «I collected these guidebooks for their prescience of his portraiture and their global optimism, and exhibited them at Orchard in New York», écrivait Jason Simon en octobre 2007, www.peterblumgallery.com. Ce travail trouvait sa place dans l’exposition Having Been Described in Words de la galerie Orchard à New York. A noter que sur le corpus de couvertures retenu par Marker, toutes ne sont pas des «clichés Marker» selon la référence usuelle que l’on trouve en fin de livre. Ainsi la collection bénéficie-t-elle de réalisations signées par des photographes de renom, comme David Seymour (Grèce – 6), Heinz Held (Allemagne – 7), Bernard Lipnitzki (Tunisie – 8)…

[2] William Klein, propos rapportés par Michel Puech pour Mediapart, 7 septembre 2010, https://blogs.mediapart.fr/blog/michel-puech/060910/visa-william-klein-en-rock-star-perpignan-4

[3] Jean Lacouture, «Le Seuil, un aigle à deux têtes», Le Magazine littéraire», 28 décembre 2010, https://www.magazine-litteraire.com/actualite/jean-lacouture-seuil-aigle-deux-tetes-29-12-2010-32853?quicktabs_articles=1

[4] Une page de l’Atelier, réalisée par Vincent Debaene, la présente intégralement.

[5] Hervé Serry, «Chris Marker au Seuil», https://www.seuil.com/page-hommage-chris-marker.htm.

[6] Claude Lanzmann en parle dans son récent Lièvre de Patagonie (Gallimard, 2009), mais Alain Resnais, dans ses interviews, n’en faisait guère mystère.

[7] On notera l’écho assez net que produit l’avertissement de L’Empire des signes (Skira, 1984) de Barthes: «Le texte ne “commente” pas les images. Les images “n’illustrent” pas le texte: chacune a été seulement pour moi le départ d’une sorte de vacillement visuel, analogue peut-être à cette perte de sens que le Zen appelle un satori; texte et images, dans leur entrelacs, veulent assurer la circulation, l’échange de ces signifiants: le corps, le visage, l’écriture, et y lire le recul des signes». Il est vrai que les deux ouvrages concernent le même pays, le Japon. Barthes a deux fois publié en «Microcosme», dont l’une vraiment «par lui-même», mais il demeure assez difficile de mesurer les échos entre son travail et celui de Marker, sinon l’intensité des contacts qu’ils purent avoir. Certes, ce furent là chacun à leur façon et dans un temps contemporain, deux singuliers sémiologues et iconographes…

[8] Henri Michaux, Passages, Paris, Gallimard, 1950 et 1963, coll. «Tel», p. 32.

[9] Chris Marker, «Petite planète», 27 rue Jacob, n° 10 (été), p. 1.

[10] Emmanuel Mounier, Qu’est-ce que le personnalisme?, Paris, Seuil, coll. «Esprit / La Condition humaine»,1946, p. 26.

[11] Ibid., p. 10.

[12] Ibid., p. 106.

[13] Dès ce premier volume, on trouvera trace d’Agnès Varda, qui participe à plusieurs reprises à des volumes variés Seuil-Microcosme. Sa rencontre avec Marker, encore récemment racontée à travers Les Plages d’Agnès (2008), date justement de 1954, époque où un ami bientôt commun, Resnais, montait son premier long-métrage, La Pointe courte.

[14] Son nom apparaît régulièrement dans les listes de sources iconographiques des ouvrages publiés au Seuil dans les séries Microcosme.

[15] On notera les jeux onomastiques: Remo Forlani troque son prénom pour une ville de Tchécoslovaquie et plus anciennement d’Autriche-Hongrie; quant à Roger Roche, il voit son identité sur-minéralisée.

[16] Un an auparavant, François-Régis Bastide publie Saint-Simon par lui-même dans la collection “Ecrivain de toujours”. A partir de 1956, il sera conseiller littéraire aux éditions du Seuil. Enfin, il dirigera la collection «Solfèges» dans laquelle, entre autres, Jankélévitch publiera un Ravel.

[17] Actrice fondamentale de la collection, comme le prouve la liste des ouvrages: au fil des ans, elle semble, au mois partiellement, remplacer Marker. Elle aussi là dès le premier volume du «Temps qui court», Les Gaulois (1957). En 1965, son nom apparaît aussi à la fin du Musée imaginaire de Malraux («collaboration (…) pour la maquette»), premier volume de la collection «Idées-Arts» chez Gallimard.

[18] En fait Paul Lengrand, proche de Marker. La figure de l’animal fétiche apparaît ici dans les mots, là dans une photo ou au travers de dessins jalonnant les pages.

[19] Bernard Pingaud connaît Marker dès le lycée où ils animent, avec d’autres, une revue, Trait d’union. Dans la collection «Ecrivains de toujours», il publiera le volume Madame de La Fayette.

[20] Ecrivain qui signe des articles pour Esprit dès 1946, revue dont il sera nommé directeur littéraire en 1957. Au Seuil, dans la collection «Solfèges», il publie le volume 5 consacré à Chopin.

[21] Nouvel avatar toponymique, et non le dernier, pour cet écrivain avec qui Marker aura travaillé plusieurs fois et à qui il rendra hommage lors de sa mort en 2009: «Guillaume a perdu un copain» (27 octobre 2009, sur le site poptronics.fr).

[22] Autre proche de Marker. Ensemble, ils animent des rencontres en Allemagne pour «Peuple et culture», où travaille aussi Paul Lengrand, alias Lechat (Italie, n° 3). C’est Joseph Rovan (né, en Allemagne, Rosenthal) qui fera entrer Marker à Esprit. D’autre part, à chaque réédition du volume Allemagne, il en reverra le texte.

[23] Deux ans auparavant, André Falk avait publié au Seuil Israël, terre deux fois promise.

[24] Dans un entretien ancien, Marker parle un peu des circonstances qui ont permis le travail filmique et photographique dans ce pays: propos recueillis par Ives Benot, Les Lettres françaises, n° 647, 1956, p. 5, https://www.chrismarker.ch/entretiens/un-dimanche-p-kin-au-pas-de-chris-marker.pdf.

[25] C’est avec Marker et Sacha Vierny que Gatti ira en Chine, mais aussi en Sibérie, voyage à l’origine du film Lettre de Sibérie (1957) pour Marker, et du livre Sibérie – zéro + l’infini (1958) publié par lui au Seuil.

[26] Egalement auteur du volume n° 31, Maroc et des Officiers pour la collection «Le Temps qui court» en 1958.

[27] Il s’agit d’une baleine ayant avalé Jonas, vignette relevant d’une esthétique du découpage humoristique assez caractéristique de la collection.

[28] Egalement auteur du volume n° 24, Grande-Bretagne.

[29] Franz Thomassin, proche de Marker.

[30] Très net aveu de la volonté de faire un livre comme l’on réalise un film.

[31] Dans ce générique de fin, un participant irrécusable, dans cette liste, un effet comique évident.

[32] Avec Armand Gatti, cet auteur co-écrira pour le Seuil un Winston Churchill.

[33] Yéfime Zarjevski, diplomate et proche de Marker.

[34] Elle s’est occupée de la collection «Le Temps qui court», autre collection du Seuil.

[35] Jean Marabini publiera en 1978 Venise dans la nouvelle collection dirigée par Simonne Lacouture, «Petite Planète / Villes».

[36] Elle a participé à d’autres travaux au Seuil, comme l’une des premières parutions au «Temps qui court», Les Intellectuels au Moyen Age (1957).

[37] Cette dernière mention, alors que le volume n’a pas changé, ne se retrouve pas dans une réimpression de 1968.

[38] Il a travaillé également et entre autres sur les volumes du «Temps qui court».

[39] Le volume Mars du film Toute la mémoire du monde affichait le numéro 25.

[40] Comme Camille Bourniquel, il collabore à la revue Esprit: dans tel numéro (janvier 1948, par exemple), son nom se retrouve tout à côté de celui de Marker. Au Seuil, il publie pour la collection «Ecrivains de toujours», Barrès (1954) et Emmanuel Mounier (1972).

[41] Trois ans plus tard, l’auteur publie dans la collection «Le Temps qui court» le volume Les Khmers.

[42] Avant de prendre la direction de la collection, Simonne Lacouture participe comme auteur de ce volume. A noter qu’avec Jean Lacouture elle avait publié au Seuil déjà, en 1956, L’Égypte en mouvement. Quant à Jean Lacouture lui-même, on lui doit le volume De Gaulle dans la collection «Le Temps qui court», en 1965.

[43] Il ne s’agit apparemment pas seulement d’un jeu onomastique: si le prénom «Vincent» relève de la même signification victorieuse que «Mansour» en arabe, cette signature fait écho pour l’auteur à sa conversion à l’Islam.

[44] A partir de ce volume, la formule «réalisé sous la direction de» devient «réalisé par», ce qui perdurera avec Simonne Lacouture.

Nicolas Geneix

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